PSYCHOTRAUMATISME & DISSOCIATION
Certaines expériences ne restent pas simplement dans le passé. Elles peuvent continuer à se manifester longtemps après l’événement, parfois sans que la personne fasse spontanément le lien entre ce qu’elle vit aujourd’hui et son histoire.
Anxiété, hypervigilance, crises d’angoisse, cauchemars, évitements, sensations corporelles inexpliquées, impression d’être constamment en alerte, difficultés relationnelles, comportements répétitifs ou sentiment de ne plus se reconnaître peuvent parfois s’inscrire dans les conséquences d’une expérience traumatique.
Quand le psychisme cherche à se protéger
Face à une situation vécue comme trop intense, trop menaçante ou impossible à intégrer, le psychisme peut mettre en place différents mécanismes de protection.
La dissociation en fait partie.
Elle peut se manifester de différentes façons : sentiment d’être coupé de ses émotions ou de son corps, impression d’irréalité, fonctionnement « automatique », trous de mémoire, difficultés à relier certaines expériences entre elles ou encore sensation que différentes parties de soi ne réagissent pas de la même manière.
Ces manifestations ne signifient pas nécessairement qu’un trouble dissociatif est présent. Elles nécessitent d’être comprises dans l’histoire singulière de chaque personne.
Trauma simple et trauma complexe
Un psychotraumatisme peut être associé à un événement clairement identifiable : accident, agression, violence, deuil brutal, événement médical, séparation particulièrement éprouvante…
Mais certaines difficultés prennent également racine dans des expériences répétées ou prolongées, notamment lorsqu’elles se sont produites dans l’enfance ou au sein des relations d’attachement : négligences, insécurité affective, violences, humiliations, ruptures, imprévisibilité ou environnement familial insécurisant.
On parle alors notamment de traumatisme complexe, dont les conséquences peuvent toucher non seulement les souvenirs, mais aussi la régulation des émotions, le rapport au corps, l’image de soi et les relations aux autres.
Ma pratique clinique
Je propose une approche intégrative du psychotraumatisme et de la dissociation.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à rechercher à tout prix un événement traumatique ni à faire émerger des souvenirs. Le corps, une émotion ou un symptôme peuvent constituer des points de départ pour comprendre ce qui se passe, mais ils ne constituent pas à eux seuls la preuve d’un événement passé.
Nous avançons à partir de ce que la personne peut ressentir, penser et élaborer dans le présent, en respectant son rythme et ses capacités de régulation.
Selon les besoins, ma pratique peut associer psychanalyse, hypnose, hypno-analyse et EMDR, avec un travail autour de la stabilisation émotionnelle, de la sécurité intérieure, des manifestations dissociatives et de l’intégration progressive des expériences traumatiques.
Une attention particulière est portée à la fenêtre de tolérance : travailler le traumatisme ne signifie pas nécessairement revivre l’événement avec toute son intensité. La priorité est de permettre à la personne de rester suffisamment présente et en sécurité pendant le travail thérapeutique.
Retrouver de la continuité
L’objectif n’est pas d’effacer son histoire.
Il s’agit progressivement de permettre à ce qui continue à faire effraction dans le présent de retrouver une place dans une histoire qui peut être pensée, ressentie et racontée sans envahir toute la vie psychique.
Le travail thérapeutique vise ainsi à restaurer davantage de continuité entre les sensations, les émotions, les souvenirs et les représentations, afin que la personne puisse progressivement retrouver une plus grande liberté dans sa manière de vivre, de ressentir et d’entrer en relation.