Corinne Vera Alexandre
Psychanalyste Psychothérapeute
Psychanalyse Intégrative Humaniste
Hypno-analyste Sexologie clinique EMDR Hypnose
Psychosomatique Transgénérationnel Supervisions
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Bienvenue sur la New Letter 

 

Lecture et écriture, pulsions de vie, sont des excellents moyens d'avancer,

prendre du recul, prendre le temps, faire émerger, découvrir et partager.

Je vous propose  cette rubrique mensuelle composée d'articles sur des thèmes ou des actualités en lien avec la psychanalyse et la psychopathologie de la vie quotidienne. 

Vous pourrez y venir pour une pause lecture chaque 1 er jour du mois.  Bonne lecture!

 

                                                            © C.Vera
 

* Les textes ci-après ne sont pas libres de droit, merci d'en indiquer la source si vous les utilisez en copiant collant le lien suivant à la fin de chaque texte.

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NEW LETTER MAI 2020
 

"DECONFINEMENT. ET APRES ?"

L’enfermement, contenant et aliénant

 

Il est bien souvent question de conflit et d’enfermement dans le cabinet du psy.

« Je veux mais je ne peux pas revient en boucle », tel un enfermement dans un comportement malgré soi.

Jusqu’où accepter cet enfermement qui est très souvent posé sur le berceau, avec des consignes des parents et des chemins invisibles de prime abord mais pourtant réellement tracés ?

L’enferment est agréable au départ dans le beau berceau de l’utérus, même si pourtant même là des dangers rodent déjà dans un avant goût d’un après plus sombre. De contenant, il doit rester suffisamment pour protéger le petit enfant dépendant. Le sein, les bras peuvent aussi devenir mauvais et l’enfermement vite peut devenir moins cosy les bras de la mère. Cela sera dommageable de ne pas avoir été dans cette sécurité qui à cette seule condition va permettre de s’envoler. Enfermé, on le reste longtemps, parfois toujours. Il faudra encore un peu la nounou, la crèche, côté règles, on y va en douceur. L’école premier espace de liberté et de socialisation et pourtant on sait à quel point certains seront en souffrance dans une école vécue comme un bagne, le calvaire d’un système imposé qui ne convient pas. Plus tard encore le couple, la maternité, la paternité, qui, malgré les joies (aussi !), pour certains se conjuguent avec une privation de liberté. Le travail, la pointeuse, l’enfermement engrenage du compte bancaire et des crédits à payer. On est forts pour s’enfermer et moins pour se libérer.

Le corps aussi lieu de l’enfermement en proie aux angoisses, aux somatisations et au temps qui passe. Angoisse du corps sexué, angoisse du corps malade ou qui viellit.

On a beau faire, on a beau s’arranger (heureusement ! ) on est enfermé souvent.

Où est la limite de notre propre enfermement ? Ne rechercherions nous pas cet enfermement pour le vivre tant en boucle ?

Il peut être un refuge sain, un espace à soi quand il est choisi et un enfer quand il est imposé. L’ado enfermé dans sa chambre à clé, le lecteur enfermé dans sa lecture, la coupure avec le reste du monde fait du bien aussi mais elle reste mince avec la protection.

Enfermement psychique, corporel, éducatif, marital, parental. Il est complexe et ambivalent. On le recherche, on le crée et on le rejette à la fois.

L’enfermement a été questionné par Foucault, philosophe français et militant politique des années 70. Il a donné la parole aux prisonniers sur les conditions de vie en incarcération et travaille sur les groupes des structures fermées en institution disciplinaire (casernes, asiles, prisons). Il travaille à la fois sur le pouvoir et le souci de soi vis-à-vis de l’autorité. Lui aussi nous parle de ces structures confinantes et de l’effet de l’enfermement en le reliant au pouvoir.

Pour Foucault, les juges sont partout. On sait en psychanalyse qu’ils sont aussi en nous-mêmes en premier lieu, souvent tyraniques même.

L’enfermement, adaptatif, défensif. Subit ou choisit.

Le premier enfermement que nous avons connu a duré 9 mois. Nous n’étions pas prêt à sortir. Le sommes-nous maintenant, à l’aube de ce 11 Mai ?

 

Une autre étape qui se prépare.

 

On ne quitte pas un mode de vie mis en place sous contrôle et contrainte et dans la peur 8 semaines pour en rechanger du jour au lendemain.

 

Même si certains y ont trouvé des avantages nous sommes très loin d’être en vacances, personne n’est dupe. Revenir comme avant? Non pour certains. Hâte pour d’autres. Pari à tenir. Difficile pour ceux qui parmi nous ont vécu de lourds dommages, des proches décédés, la maladie, des grosses pertes financières ou des situations familiales pénibles.

 

Non, on recommencera la vie d’avant pour la simple raison que l’on ne recommence pas les choses, pas si consciemment en tous cas, tout simplement car quelque chose de grave s’est passé. Nous avons tous croisés un trauma, à des degrés différents mais trauma quand même. On a croisé la mort et la suspension de nos libertés. Nous avons vu que nous étions mortels et fragiles. Nous l’avions oublié comme nous avions oublié d’être frustrés. Le temps est moins à l’immédiateté et plus à l’essentiel, les clics ne suffisent plus. Bien nous en fera pour apprendre à mieux vivre, prendre soin de nous.

 

Il faudra déjà reconstruire ce qu’on a pu perdre si on veut le retrouver ou aller de l’avant si l’on veut changer la donne et nos peines et nos colères qui, même si elles ont pu être sublimées, occupées, tournées en ironie, devront être verbalisées. C’est identifier ce qui nous a touchés qui nous fera avancer et comprendre nos besoins essentiels. Infantilisés, punis, dénoncés pour d’autres, dans un discours plus anxiogène que contenant, chaque jour dans ambivalence entre ce que l’on voit, doit croire ou penser, le monde sur lequel on s’est construit n’est plus trop sûr.

 

N’était-ce pas qu’illusion?

 

On coupe les tv mais c’est bien de douter aussi. La certitude est dangereuse. On a besoin de redessiner nos cartes du monde avec nos crayons. Nous n’avons pas rencontré que des doutes mais aussi le temps, à profusion, et de nouvelles prises de conscience nous ont accompagnés pendant ces semaines. Nous avons eu plus de temps, parfois trop, nous avons pris le temps.

 

On ne recommence jamais notre vie, on la continue, forts ou pas de nos expériences.

 

Tenus à l’écart de ce qui nous manquait, tenus à l’écart de nos proches, de notre travail, tenus à l’écart de notre liberté, la cage va s’ouvrir bientôt, avec un goût amer de mort qui rôde, de danger dehors, de méfiance des autres. On ne sortira pas qu’avec nos masques mais avec la crainte au bout des gestes barrières. Nous avons su mettre en place une belle solidarité, une belle part de nous, humaine, drôle, créative au début du Covid, puisse-t-elle continuer pour nous éviter l’hypocondrie, la paranoïa et l’égoïsme. Ne nous perdons plus. Avancer c’est faire avec nos expériences, nos erreurs et nos désirs.

 

Ce n’est pas l’autre qui est dangereux c’est le virus et très souvent nous-même, tout simplement.

 

C. Vera 10 Mai 2020

 

 

NEW LETTER AVRIL 2020

"DEDANS, DEHORS, ET AU MILIEU UN BALCON"

La maison est notre enveloppe.

L enveloppe c est d abord l utérus dans lequel le bébé, vulnérable, perçoit le monde au travers d un nirvâna primitif contenant sa fragilité. L utérus, comme la maison, renvoie à la natalité. Ne dit on pas la « maison natale »? En naissant le bébé va apprendre à découvrir que son corps est différent de ce qui est extérieur à lui. Il s agit d un espace transitionnel qui sépare soi de l autre, tout en le liant en imaginaire.

Quitter sa maison natale, c est naître une seconde fois, c est oser aller vers l extérieur, le dehors. L inconnu. Il s agit alors d être prêt. Suffisamment prêt pour ne pas fuir d étouffer. Suffisamment prêt, par la contenance suffisamment bonne qui aura été donné précédemment.

Savez vous que lorsqu un enfant dessine sa maison, il va dessiner son corps? La façon dont il dessinera sera symbolique de son Moi. La maison est elle robuste? Y a t il une porte ou une poignée pour en sortir? Les enfants de parents séparés pourront faire deux maisons ou une seule liée dans ses deux parties formant un toit.

La maison c est notre enveloppe et notre fondation. Dans la maison le bébé va découvrir qu il appartient à un système et qu il est un élément de ce système ordonné par des rangs, des places, des rôles, des rituels, des règles et des droits. Qu il n est pas le centre mais une partie d un tout. Enfin, normalement. Le trop et le pas assez ont dans la maison leur sens plus que jamais. Le berceau dans la chambre des parents, le partage des chambres. Parfois pas de chambre... parfois pas de cloisons, parfois trop de portes. La maison est composée d individus et d une collectivité. Autour, les voisins, les amis, les étrangers. La maison est un espace fait de frontières et de libre ou non libre circulation.

Dans cette maison, il y a des liens, il y a des vides.

La maison, c est aussi des objets. Des meubles, des souvenirs. La maison, c est des ouvertures, des portes, des fenêtres, des balcons. La maison c est une cave pour stocker, un grenier pour les souvenirs. La maison, c est un lieu entre le passé et le présent. C est ainsi une décoration, des murs, de l amour, des conflits.

Mettons donc la maison sur le divan. Que nous révèle la façon dont les pièces sont agencées? La maison est elle rangée, tirée à quatre épingles? Bordélique? Maison de ville? De vacances? La maison est notre miroir. Quel rôle joue la maison dans votre vie? Dans l intérieur de cette maison collective, il existe des pièces avec des destinations précises ou parfois en open space sans cloison. Les ado sont les champions du confinement avec leur petit monde derrière leur portes. Il est d ailleurs difficile d y pénétrer, et pour cause. Une enveloppe dans une autre enveloppe nécessaire quand on sait que l adolescent traverse souvent une crise identitaire.

A quoi ressemble notre maison? Mettons donc la maison sur le divan.

 

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Le tout en virtuel comme solutions et prévention d aujourd’hui renforcera t il le désir de vrais relations, en créant du manque? Le manque de face à face, de bises, de bisous, de poignées de main, d'encolades, de discussions sans ce tiers séparateur qui est l écran? Le manque du corps. Les uns mètres de distance relanceront t il le désir d être ensemble? A ce jour le lien doit s adapter aux circonstances, mais c est une façon peut être de remettre en question ce côté addict à l écran général à l ensemble de la société mais qui paradoxalement est à ce jour l un des seuls moyens.

L écran vient aujourd’hui nous frustrer, nous castrer en étant le moyen de la relation exclusive et en ce sens il crée un autre désir. La frustration relancera t elle l envie de se voir plutôt que de se parler par écrans? Peut être est ce aussi le moment de dépasser les polémiques de critiques négatives vis à vis des écrans et de les écrans comme des outils utiles et modernes. De simples outils et non plus des doudous transitionnels voire des drogues ?

Aujourd’hui les gens redécouvrent qu'ils ont des voisins, s entraident, de rendent services, sont solidaires et l écran est devenu un moyen technique qui est à sa place, il n isole plus. « Avant », pourrions nous oser dire, oui le virtuel isolait car il n était pas lié à une demande de contact. L écran avait perdu sa fonction d objet partiel pour devenir objet total, créant des comportements questionnant de près le trouble de l attachement. Or aujourd’hui nous sommes détachés, de fait....

Si on pouvait se servir de cette bonne expérience...ça me fait penser au téléphone avec le cadran et le fil. On s appelait pour entrer en contact, pas pour rester séparés. J ai l image d un groupe, une famille comme exemple. On textote on est connectés dans les réseaux sociaux et déconnectés du reste du groupe pourtant dans la même pièce, la même maison. Jusqu’à même s envoyer des sms pour se dire de venir manger. Confinement et changement. On cherche la relation, on coupe même les écrans. On pose les portables, on coupe la tv, on s occupe on s amusant, on demandant des nouvelles.

Il sortira bien quelque chose de tout ça.

Il faudra quand même se poser la question du pourquoi l écran à servi à isoler pour éviter les répétitions dans l avenir.

C est essentiel de comprendre pour avancer.

 

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Manger c est se rassurer depuis notre naissance. Peut être alors que tant mieux qu' il y ait cette option aujourd’hui de « se remplir » le caddie. Compulsion alimentaire à échelle massive. On se rassure comme on peut. C est déjà ça finalement, c est un mécanisme de défense qui contient l angoisse. Car l angoisse, elle est la. Canalisée à ce jour. Rien d étonnant à cela, nous savons à quel point la société est en prise aux TCA, trouble du comportement alimentaire. En général c est caché, on a honte des compulsions. Ce qui se voit aujourd’hui dans les supermarchés n est que la face extérieure de ce qui existe déjà et qui est renforcé par l angoisse. Le pire serait que les rayons soient vides. Le mode anal est enclenché, on stocke, on calcule, on garde. On achète donc du papier WC à profusion. Le mode anal c est quand on apprend la propreté , on découvre la maîtrise (des sphincters). Le fantôme transgénérationnel aussi, la crypte des ancêtres ayant vécu la guerre, suinte, pas si loin. Chacun fait face en illusion de maîtrise comme peut. Le pire serait le vide. A bon entendeur, pour une fois...Prévenir c est mieux que guérir.

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S émerveiller des petites choses

On devrait toujours garder la capacité de l émerveillement, remettre en question des évidences et cultiver son petit jardin intérieur. Jour après jours, les graines poussent pour qui les a semé, pour qui a su les arroser. Après le froid de l hiver, la nature nous enseigne bien des choses. Sans l affect, pas d émotion. Sans émotion pas d émerveillement. Sans émerveillement, pas de couleurs. S émerveiller c est ne plus avoir peur de se confronter à son émotivité. C est avoir la capacité d être touché en soi, de recevoir.

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Distance et séparation

Je rebondis sur le fait que le cadre en psychanalyse inclut entre autre la règle du non toucher. Cette règle là n a jamais empêché la rupture de la relation. Au contraire! La juste distance qui permet cette zone de sécurité tant pour l analysant que pour l analyste est nécessaire à la relation. C est le bon moment de ne pas confondre « distance » et « séparation », qui sont deux choses différentes. Ce n est pas parce qu on est éloignés qu on est séparés. Parfois même les gens sont à proximité, ils se pensent proches mais ils mentent et se mentent, ils sont séparés, on le voit souvent malheureusement dans le couple et dans le lien parent enfant aussi. Le lien, c est symbolique. Mais le lien est un problème social très actuel, nous les psy le savons avec des troubles de l attachement importants dans les suivis. Est ce la non moment pour repenser le lien pour éviter des régressions qui se fixeraient voire re-ouvriraient des brèches narcissiques? Très certainement verrons nous la recrudescence de doudous les prochains jours sous forme étonnante de papier wc, notamment. Quand aux pensées magiques, hallucinatoires ou obsessionnelles, donc à relativiser.

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Prendre le temps

Mortel ennui... Faire rien, ce n est pas toutefois ne rien faire. C est être face à ce que nous avons de plus précieux et de plus fragile : le temps. Si certains esprits n aiment pas le vide, structurer l emploi du temps de sa (longue) journée permettra de donner une temporalité, un cadre. Classer, trier, ranger, organiser. Si d autres esprits n aiment pas attendre, c est que perdre du temps, c est insupportable. Perdre renvoie aux papiers wc, à l argent perdu, à notre analité, au contrôle. S il est déjà difficile d accepter de perdre, toucher au temps est compliqué. Le temps nous renvoie à notre mortalité. Il faudrait prendre le temps plutôt que de le perdre. Prendre le temps, revenir dans un processus de maîtrise est important dans ces moments anxiogènes. On fait comme on peut avec le temps, on l organise , on le prend, sans être dupe. Si certains autres esprits se sentent tout puissants face au temps, le défient, c est de la folie, s ils prennent celui des autres, c est du pur égoïste, de la perversion.

S'échapper en peinture

 

Confinement et déconfinement en peinture

La peinture du XX ème siècle s'éloigne de la figuration, en particulier avec l'expressionisme. De l'exploration méthodique du Moi, illustrative d'une représentation confinée dans un code classique, on passe à une nouvelle représentation du "Je" avec la figuration qui se fragmente.

Les oeuvres de Francis Bacon ou de Picasso feront profondément évoluer le genre artistique. La méthode expressionniste de Van Gogh est reprise par Picasso avec un choix de couleurs qui évoquent ses états d'âme, le bleu par exemple devient le symbole de sa tristesse et de sa mélancolie. La vulnérabilité et les "dérapages "deviennent visibles. Volontaires ou involontaires, les gestes de pinceau ou de chiffon ne s'effacent plus mais qui feront partie de l'œuvre. La vérité est recherchée au lieu de l'esthétique, pour permettre de saisir la réalité. Seuls les chemins détournés, les erreurs, les heureux hasards se détachant de la figuration ont pu mener à une recherche introspective plus proche de la vie, par la distanciation du contenant. La forme s'échappe donc à elle-même.

C.Vera 15/04/20

image : Picasso, Autoportrait face à la mort, 1972, Crayon à la cire sur papier, 65,7x50,5 cm, Fuji Television Galery, Tokyo

 

NEW LETTER MARS 2020

"L'HUMOUR, DEFENSE ET SUBLIMATION"

 

L’humour est notre compagnon de vie depuis le début du Covid avec le second degré et les mots d’esprit qui permettent plus que jamais de pouvoir aborder et dire les choses. Un recul nécessaire pour que le réel soit moins violent, recul nécessaire pour pouvoir dire quand même. Alors l’humour, c’est le rire pour ne pas pleurer ?Le "confinement challenge" ne cesse de se transmettre à travers les réseaux sociaux et beaucoup partagent leur quotidien sur Facebook. Comme nous l’étions pour "Charlie je suis" nous voilà encore ensemble autour du slogan: « Je suis at home ». Le virus invisible et pourtant tellement là, qui avance, qui se propage, masqué, caché ! Face à la mortalité qui nous guette peut-être, nous sommes oui tous ré-unis, montrant plus que tout sur Facebook que nous sommes LA, ENSEMBLE et bien vivants !!! Alors oui, certains sont seuls chez eux, oui d’autres à 2 ou bien en famille, les avantages ou inconvénients sont différents, les seuls n’ont pas à supporter les projections négatives de leur proches ou alors souffrent de solitude tandis que les autres n’ont pas à supporter le manque du regard, du toucher mais ont trop de bruits autour. Les uns s’ennuient, les autres s’occupent. Au-delà de nos différences du trop et du pas assez, une chose est commune : on est confinés. Alors face au virus, face aux murs de derrière les balcons, on se sert de l'humour, vive la créativité plus que jamais pour résister, pour exister ! Les murs ? On les abats ! Où aller quand ca va mal ? Régressons donc ! Redevenons tels des embryons, confinés, bien au chaud, amusons-nous donc soyons comme avant, comme des enfants. Nous nous donnons la permission de redevenir indisciplinés, dans une douce turbulence ou chacun devient un peu artiste, on parodie, on invente et Facebook se transforme en vaste terrain de jeux ! On s’échange les jeux, comme on aurait pu se partager des billes. Franchement, allez, c’est hilarant quand l'imagination déborde, on se découvrirait presque des dons, des talents, ....exemple d'un gars confiné en couple qui nous parle en nous disant que c'est super à deux et qui en parallèle; affiche en silence sur papier A4 le contraire de ce qu'il vit...la dame étant à coté.....pleins, pleins de vidéos drollissimes. On est tous reliés ou liés à nos balcons !"Questions à nos balcons ! " un gars propose de rejouer ce célèbre jeu de France 3, très drôle !! Beaucoup chantent ou jouent de la musique, nos balcons deviennent le canapé psy de tous, d'inconscient à conscience collective, à 20h on se retrouve à applaudir nos soignants....Fini le canapé chez les psy ?? Maintenant c'est thérapie sur le balcon ?C’est qui au fait ce Corona Virus prénommé plutôt par Covid-19? Un bon ou mauvais père ou une bonne et mauvaise mère ? Car il fait du mal mais aussi du bien, à la terre !!!!A la terre a nos animaux !!! Nos canards qui déambulent librement dans nos rues de Paris, heureux sont les canards sur la place de la Comédie-Française, les cygnes qui se baignent dans les eaux, canaux transparents à Venise...le ciel qui devient bleu comme jamais, retour du ciel bleu à Pékin, moins de pollution vue par satellite. Monsieur Virus Corona tu nous fais du mal tu nous tues mais on s’ en sortira, tous plus forts que toi, merci Corona les terriens ont compris ta leçon. !! Là !! Maintenant ! Là !..Encore un ! Hi Hi encore un post publié. Une image détournée sur Facebook sur le confinement : deux policiers devant une porte : "Madame ! Vous allez bien ? Ça fait 5 heures que vous n’avez pas publié !?"Je rigole encore ! merci Facebook ! J en oublierai presque ce virus, ce coupable qui avance masqué…Ne l’oublions pas, il est là le Corona. Masqué, plus que jamais, peut-être là, déjà, on sait pas…Mais c est ENSEMBLE, chez soi, qu'on le vaincra. Alors oui, soyez frustré !! soyez privés, confinés ! ou affamé !mais Riez !!oh oui!! Surtout continuez !!! Rions ! Riez !! plus que jamais !!!Il finira par déclarer forfait !Continuez à partagez ! PARTAGEZ LES RIRES, les vidéos !On va le mettre K.O !!!!Il en aura fait des dégâts ce Corona !Mais on va l’anéantir.....il va finir par en mourir, étouffé de nos rires, lui aussi!!!!!!…..L’humour, vous le voyez, vous en riez, est un langage crée par des mots détournés et qui a un rôle particulier. Décharge, défense mais pas que. L’humour est plus fin, et s’il est lourd, c’est qu’il le veut bien. Allant au-delà du seul besoin de communication, l'humour cache le sens dans la forme. C’est en quelque sorte le clivage du mot, le bon d'un côté et le mauvais de l'autre. Le bon mot, celui qui est politiquement correct, acceptable et le mauvais mot, celui qui est trop rebelle pour être dit trop de front ou trop futé pour ne pas en rajouter. L’humour, c’est un savant cocktail entre le signifiant et le signifié, un jeu dans lequel on dit sans dire. Fuite ou stratégie, le bénéfice secondaire de la répartie inconsciente est incontestable, pas vu, pas pris. L'humour a sa famille parmi les mots d'esprit, à la différence qu'il est un mouton noir, conscient, délibérément conscient. Les autres sont plus dociles, lapsus, actes manqués, rêves, gardent les masques, déguisés. L’humour, lui, met en suspend et en suspense. Humour et mots d’esprit sont toutefois tous deux soumis à un travail commun d'élaboration. Le contenu manifeste (visible), le mot, ne correspond pas au contenu latent (la signification). Il est dissimulé, crypté, encodé mais des éléments de liaison permettent toutefois sa compréhension. Tel le rêve, le mot d'esprit et l'humour prennent appui sur un aspect de la réalité à partir de laquelle émerge une vérité liée à un désir. Le mot d'esprit relève du désir inconscient de se frayer un chemin, de faire l’école buissonnière. Mais quel désir correspondrait donc à l'humour? Un désir sadique anal de manipuler sans trop donner d'information ou en gardant ses distances, sans trop lâcher d'indices? Un désir pervers, exhibitionniste, qui permet de jouir du verbe que l'autre reçoit en pleine figure, surpris, en laissant flotter tellement de flou autour qu'il ne peut rien répondre, comme coincé? Confiné. Avec l'humour, on peut toujours retomber sur ses pattes et dire que l'autre a mal compris. C'est un mécanisme pervers en ce sens qui manipule l'autre et sème le doute. Un désir hystérique que de se faire remarquer? Aussi. Un besoin de décharger. L'humour emploie des figures de style. L'humour est stylé, il a de beaux costumes il faut bien l'avouer. Parfois il peut être lourd aussi et il en décevrait presque quand il est mis à nu, il perd de son panache. L'humour c'est la nuance de la pensée. L'humour, c'est une élaboration dans un rapport d'équivalence. L'humour, mot et jeu d’esprit à la fois, utilise plusieurs figures de style. Prenons d’abord la métonymie. Il s'agit d'un processus de pensée ou le contenant est employé pour le contenu. Ainsi, on va "se servir une assiette" ou bien " boire un verre". L’oralité est très présente durant le Covid. L'humour, c'est du raccourci aussi. N’est ce pas la guerre, dit-on ? Sans doute pour ne plus perdre de temps, l’humour se sert de la synecdoque en évoquant un élément d'un tout qui le compose, par exemple un sac de noeuds. L'antonomase permet de se servir d'un nom propre comme d'un nom commun, un don juan, un hercule, un coronas par exemple. La périphrase remplace un nom par ses qualités. Tout le monde connaît le « roi des animaux ». L'antiphase dit le contraire de ce qu'on entend. « La parole est claire »… Pas toujours. Restez chez vous, s’en sortir sans sortir. Elle est puissante, elle sème le doute, elle exagère aussi. C'est assez réussi, ne vous gênez pas! Avec l'humour, on a des parallèles, on souligne des qualités, des défauts. On dit des vérités. L'humour, en plein cœur du paradoxe, donne des vérités bien surprenantes avec des opposés qui se rapprochent. L'humour exprime aussi l'absurde s'il utilise l'oxymore, on peut y trouver des grèves du zèle ou bien des pleurs de joies. L'humour est poétique en soi. Le virus de l’amour plus fort. Parfois lourd avec la redondance qui insiste sur la répétition et l'accumulation pour renforcer les traits, produire même le désordre, le choix du chaos. On en a coupé la tv. L'humour y va aussi par degrés d'intensité parfois, utilisant la gradation. On prend des gants ? Cela dépend. Pour insister, l'humour fait même des fautes, des pléonasmes. Un seul mot peut suffire telle l'anaphore, pour résumer un tout, convaincre. c'est la force du "J'accuse", pour se substituer à l'idée. Amplifier (c’est la guerre) puis atténuer (c’est une grippe), rendre faible ou fait grandir? L'hyperbole? la litote, l'euphémisme. Comparer, personnifier, viser à la surprise, l'humour est une métaphore à elle seule, transformant la réalité de la chose désignée. Alors c’est la guerre ! Rencontre surréaliste de deux univers! L'humour, aujourd'hui plus que jamais voisin d'actualité, et porte sous son masque la vérité, qu’il faut tenir cachée. L'humour fait partie des mécanismes de défense utilisés par l'inconscient pour résoudre un conflit psychique du Moi. Ils sont nombreux et coûteux en énergie, à l'exception de la sublimation qui va elle, permettre à la pulsion de s'investir l'environnement, le social (le travail, l’écriture) : Sublimation (on est bien chez soi, on s’occupe), fantasmatisation (ces gens du quotidien ces héros), dénégation (ce n’est pas grave du tout), compensation (puisqu’on n’a plus de masque, prenons des soutien gorges, puisqu’on n’est plus payé, des aides sont octroyées), déplacement (le mal aux dos, la migraine), régression (tu veux jouer avec moi ?), clivage (ceux qui sortent et qui tuent et ceux qui restent et qui sauvent), annulation (non, ce n’est pas possible), isolation (je reste confiné, je coupe la tv), déni (c’est une grippe), retournement sur soi (le télétravail et les enfants, un côté maso mal assumé qui se réveille ?) introjection, projection, dissociation (j’ai besoin de m’évader par la pensée). Ils sont en réaction possible suite au désaccord interne ça-surmoi de type « je veux (sortir) mais je ne peux pas (risquer de mourir)».La sublimation permet l’adaptation à l’environnement et à la société de la libido, de tenir dans ce manque à être. On peut se demander si l'humour n'est pas finalement pas plus sublimatoire que défensif, ce peut être le cas avec certains humoristes qui associent l'humour à l'écriture. Enfin, les figures de styles de la littérature ressemblent aux mécanismes de défense psychiques, lorsque les mots prennent une orientation différente, lorsqu'ils modulent la réalité et les caractéristiques d'autrui, lorsqu'ils dépouillent l'affect ou l investissent et le déplacent ailleurs, lorsqu'ils prêtent à l’autre des caractéristiques qui appartiennent au sujet et dont le sujet ne veut pas ou qu’il ne veut pas reconnaître, alors oui, ils se ressemblent. Les figures de style comme les mécanismes de défense permettent de s'identifier aux caractéristiques d’autrui, de rejeter la réalité trop douloureuse, de créer des pensées magiques ou de séparer les choses pour évoquer le meilleur, le pire. La figure de style est telle la conversion, support comme l'est le corps, de l’expression douloureuse. L'humour, formation réactionnelle incontestable en soi, qui vient pour contrecarrer un désir (de dire) ce qui est interdit, que l on s interdit (de dire).

C.Vera avec introduction de Sandra Imbert

 

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Humour noir

Quand l ironie rime avec cinisme....

Quand le bureau devient un enfer. Vous ne vous êtes par retrouvé(e) dans le placard par hasard et et comprendre ce qui a fait que vous vous y trouvez vous aidera à avancer, en mieux. Parfois oui des situations qui semblent être une impasse et pourtant dans l’impasse n’est que dans votre tête même si vous êtes confronté à d’autres personnes il y a toujours des solutions et se retrouver dans l’impasse est aussi la possibilité de pouvoir trouver d’autres chemins magnifiques. Notre façon de voir les choses est souvent très limitante et on appelle cela des croyances limitantes. J’ai reçu récemment une personne qui était enfermé dans son placard et elle n’avait pas vu qu’il y avait une porte réelle. Elle restait enfermée dans des moqueries.

Un changement de point de vue lui a permis en une séance de pouvoir se dire qu’elle allait utiliser cette porte comme une ouverture. Un travail est en cours bien sûr mais elle est sortie de l’impasse elle est plus dans le noir elle n’est plus renfermée.

 

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NEW LETTER FEVRIER 2020

"MENSONGE OU VERITE ?"

« Dis Figaro, si nous l appelions Pinocchio? ». « Pour un peu on croirait un vrai petit garçon ».

Geppetto dansa un peu avec Pinocchio au bout de ses ficelles. « Et maintenant, au lit, mon petit ». « Ma bonne étoile, faites qu un jour j ai un fils comme mon petit Pinocchio »...

La fée Bleue réalise le vœux de Geppetto. Et voici le pantin de bois qui part pour l école, quand Gedeon et Grand Coquin l aperçoivent. « Vise un peu ce gamin, attrapons le, c est l affaire du siècle ». « Ta place est au théâtre, tu attirerais les foules avec un nom d artiste qui brillera en lettres d or ». Pinocchio est ébloui par ce discours. Sa naïveté et son orgueil l enfermeront dans la cage de Stromboli. « Pauvre naïf allez zou dans la cage! ».

La fée Bleue viendra lui demander comment il est arrivé là. « J ai été enlevé par un monstre horrible avec des yeux gros comme ça! ». « Et l école, ça t a plus? ». « Heu oui ». Le nez s allonge à chaque mensonge.

Plus tard encore Pinocchio rencontre de nouveau Grand Coquin qui lui parle de l’Ile des Plaisirs. « On y joue tout le temps, allez viens avec nous ». Crapule lui fera fumer le cigare. Avec des oreilles d âne en souvenir de ce périple, il s enfuie et trouve le message de Geppetto lui disant que la baleine l a avalé.

Au péril de sa vie il ira sauver son père, toujours suivi par sa conscience. La fée le transformera pour son courage en vrai petit garçon. Il a passé les étapes, il a grandit. D objet il devient sujet. Il n a plus besoin qu’ une conscience (parentale) l accompagne, il a sa propre conscience désormais. Le personnage de Pinocchio est connu pour son nez qui s allonge lors de ses mensonges pourtant dans cette histoire tout le monde ment, à sa façon. Geppetto tout d abord, le premier. Quelle est la part de mensonge lorsqu il dit à la marionnette qu il est temps d aller se se coucher après la danse? Est-ce à voir comme un délire qui lui permet de mieux supporter sa solitude? Une façon d embellir sa vie? Rêve t il? Lui dire son délire ne le plongerait il pas plus bas? Une part de lui sait qu il est fait de bois pourtant.

Alors qu elle différence avec un enfant qui va jouer avec sa poupée à papa et maman et Geppetto?

Justement si un enfant se construit sur l imaginaire et l imitation, il doit se confronter à la réalité de n être encore qu enfant avec les droits et les devoirs liés, le temps de grandir. Grandir c est passer les étapes. S envoler. Geppetto n est plus un enfant justement, et le faire semblant pose problème. Jusqu où la marionnette relève elle d une illusion d avoir une poupée ou un vrai petit garçon à soi, même de bois? Car c’est bien d illusion dont il s agit. Pas d étapes pour grandir. Difficile de parler de mensonge et pourtant ça en est une forme. Le pantin le maintient hors du trou béant. Qui oserait se moquer de Geppetto lui rappelant qu il parle à une marionnette de bois alors que son délire le simplement rend heureux ? Le mensonge délire fait partie de sa vérité et le tient illusoirement loin d un réel trop lourd. Pinocchio tient Geppetto hors de l effondrement même si c est ce dernier qui tient les fils. Sans fils pas d illusion.

 

 

Quelle part de psychose chez Geppetto quand il lui dit « bonne nuit mon petit » et l envoie l école? La magie de la fée à la fin de l histoire ne semble pas lui poser problème, elle renforce même Geppetto dans sa vérité. Pour lui c est son fils depuis toujours. Pinocchio lui, est le pantin, le jouet tenu par des fils et Geppetto tient ces fils, d où le besoin pour Pinocchio de les couper. Il a besoin de désobéir pour grandir. Son nez qui pousse, c est symboliquement lié au phallus évidement. Son nez parle pour lui, grandit au fur et à mesure qu il se sent écrasé par les questions embarrassantes qu il veut éluder par manque de force finalement. Impossible de dire que non il n avait pas envie d aller à l écoute. D autant plus impossible qu il porte sur lui la honte de s être fait berner par Grand Coquin. Il sait tout cela. Chez Pinocchio il y a bien sûr le mensonge pour éviter la castration. Il aurait été enlevé par des monstres. Demi mensonges d ailleurs mais trop fier pour l avouer. Se l avouer. Il sait qu il ment et c est parce qu il sait qu il ment que son nez pousse. Le nez de Geppetto lui ne pousse pas car pour lui le pantin de bois est son fils. Les deux arrangent la réalité mais l’un pour combler un vide et ne pas s écrouler, l autre pour pour s émanciper et s affirmer. L’un pour ne pas mourrir et l autre pour naître. Geppetto est dans l imaginaire et Pinocchio dans le symbolique. De fil en aiguille et d étapes en étapes il introjectera la loi et le petit criquet pourra le laisser. Pour devenir un sujet, une personne et non plus un objet, il passera par le groupe. Il va tuer le père en somme lequel se retrouvera dans la baleine. Il a besoin de se mettre en valeur en étant célèbre, appartenir à un groupe, exister. Grand Coquin lui, c est le menteur version pervers. L autre n a pas de valeur si ce n est marchande. L autre est un objet. Pour Geppetto aussi Pinocchio est un objet mais objet d amour. Pour Grand Coquin objet d amour en quelque sorte puisqu’il va l aimer pour l argent qu il lui procurera. Mais sans culpabilité. Geppetto l envoie à l école pour son bien, Grand Coquin en cage. Pour Grand Coquin Pinocchio est bien un pantin de bois. Il est hors du délire de Geppetto. Il connaît les failles narcissiques de Pinocchio et les exploite pour tisser sa toile autour. Le troisième type de mensonge. Il n est pas dans le vide, il ne cherche pas à contourner la loi, il est la loi, il manipule. Lui sait qu il ment sans détour mais son nez ne peut pas pousser puisqu il n éprouve pas de culpabilité. Il est tout puissant, pas de confrontation avec la loi car il est sa propre loi. Contrairement à Pinocchio il n éprouve pas de culpabilité et seul l argent l intéresse. C est systématique, il ment à tous les enfants pour les attirer mais il est dans la réalité.

 

Trois utilisations différentes du mensonge. Finalement qu est ce que le mensonge? Tout serait mensonge. Parler de toute façon, c est mentir, aucun mot est capable d exprimer à lui seul une pensée. Quand on pense au mot « table » vous et moi on peut parier qu on ne pensera pas à la même table. Un mot pour plusieurs significations possibles. Plusieurs sens. Plusieurs vérités. Il y a ce qui est dit et tout le reste qui n est pas dit car le langage ne le permet pas. Il manque des mots. Il faudrait rajouter table ronde ou table blanche. Autrement dit, le mensonge existe dans toute vérité, puisqu elle ne peut pas se dire toute. Jusqu où peut on rajouter des mots...? Enfin pourquoi mentir? Le type de mensonge définit la structure psychique. Le mensonge de Geppetto est une dimension de la psychose délirante, paranoïaque. Le menteur est son mensonge. Mensonge et délire sont confondus. Ce sont des sortes de remparts défensifs qui permettent de tenir. Le mensonge fait partie de son univers, sa vérité. Lui enlever peut l effondrer dans son trou du réel et le faire décompenser. Le mensonge le maintient hors du trou. De quel mensonge parte on? C est là la question principale. Peut on sortir de son mensonge? Mensonge psychotique? Névrotique? Pervers? La vérité de l autre est ébranlée en tous cas. Écouter le menteur avec son corps, entendre avec les éprouvés, les ressentis sur soi est important pour saisir cette gêne en nous face à une possibilité de mensonge. Il est plus facile pour le menteur ou celui qui est habitué à ce processus d entendre le mensonge que celui qui ne le côtoie jamais puisque cela n est pas dans son schéma de pensée. Les enfants ont besoin de dire dès mensonges. Les mensonges c est aussi l imaginaire. Mentir c est créer et recréer. L enfant peut mentir pour pouvoir désobéir. Mentir pour rêver. A la différence de Geppetto il saura sortir, normalement, du délire. L enfant sait que le super héros n existe pas. Ce qui coince c est mentir et ne pas le réaliser. Mentir et le savoir oui mais à quelle dose? Ponctuellement comme Pinocchio cela arrive à tout le monde mais régulièrement comme Geppetto ou Grand Coquin c est pathologique. Quand le menteur dépasse la limite et croit à son mensonge ou l’utilise à volonté dans le discours avec l autre c est de la mythomanie. Quand il devient pathologique, chronique, dans ce cas là, peut on encore parler de mensonge? N est ce pas du délire lorsqu'il est intriqué dans la réalité? Tant qu'on manipule c est un signe qu'on est conscient de mentir. Cela peut être une solution de sortie, de fuite, mais aussi une entrée dans la psychose ou la perversion.

Le mensonge n a pas la même origine selon s il fait partie de soi ou d un moment de vie.

C. Vera

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Voir la vérité en face

 

La vérité n est pas ce que l on regarde mais ce que l on voit.

Puisqu il était question de film, ( ou de personne voila justement le dilemme) alors question sur les mécanismes inconscients à l œuvre dans les Cesars 2020. La polémique mérite débat : peut on « séparer » les gens en plusieurs représentations? En psychanalyse on dira cliver. Le clivage est un mécanisme de défense qui va séparer la personne en plusieurs représentations. Le bon et le mauvais. Le bon sein et le mauvais sein, la mauvaise et la bonne mère. La madone et la putain. L adolescent utilise beaucoup ce mécanisme avec les bons et les profs, les « supers » et les « nuls », le fétichiste aussi avec la jouissance reportée sur une partie du corps, le psychotique aussi, dans le déni de la réalité d une partie comme ne faisant pas partie d un tout. Dans le bio aussi, les bons et les mauvais aliments. Cliver le Moi c est mettre de côté une partie déniée et non réactivée sous forme de représentations. La réalité est séparée en deux partie. Il peut y avoir un traumatisme à l origine. Le déni et le clivage, c est le problème avec les relations toxiques : on ne voit pas le bourreau mais les quelques (rares) qualités prennent le dessus sur la représentation. On ne veut pas voir et on ne peut pas voir. Trop de bénéfices secondaires conscients ou inconscients. Avec les relations toxiques le plus difficile c est l étape de la sortie du déni. Ensuite on peut avancer. Second point : ne pas nommer. Ne pas nommer c est vouloir effacer. On arrange la réalité. On arrange la aussi. Lacan parlera de forclusion du nom du père qui est aussi un mécanisme complexe connu qu'on peut mettre en lien avec l aliénation parentale connue aussi malheureusement. On forclot le père, on le barre, on le tait, la mère a fait l enfant seule. Or nommer c est donner la possibilité à l autre d exister. C est symbolique. Le nom est symbolique d une filiation, d une reconnaissance. Celui qui n est pas nommé n existe pas et c est bien sûr hallucinatoire puisque l autre existe pourtant. C est aussi du déni. Troisième point : autre mécanisme en scène c est l humour. L humour comme mécanisme de défense, utilisé pour dire ce que l on pense sans le dire directement et plus puissamment. L’ironie, le cynisme, Atchoum et ces métaphores qui donnent tant d affect au langage. Enfin pourquoi venir, pourquoi partir, pourquoi rester ? Dedans et dehors sont à questionner, chacun fait comme il pense le plus supportable au au cœur de la pulsion, même rester, rester assis, inerte, bloqué relèverait il d une impasse, d un effroi? D un comportement propre à chacun. Aux Césars c est sous le décor d un beau clivage-déni opposé à de la non nomination et l humour que s exprime l expression commune de trop de mécanismes défensifs qui montrent qu'en effet, quelque chose ne va pas. A chacun de creuser, pourquoi venu, resté, parti, dans sa propre histoire. La réaction de chacun est en lien avec les histoires personnelles. Au delà du tapis rouge et des querelles aussi interne à cette grande « famille » du cinéma, cela me fait penser à deux choses. 1 ces enfants qui sont victimes d inceste par un des membres de la famille avec l autre parent dans le déni. Insupportable. Double peine, traité(e) souvent de menteur menteuse. 2 Le mouton noir de la famille qui refuse de se taire et s adapter, s uniformiser et qui est mis dehors, exclu, on connaît trop bien l histoire en transgénérationnel des langues à tenir.

L envers d un décor plus noir que rouge, sang qui lui ne nous fait pas rêver.

C.Vera

 

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NEW LETTER JANVIER 2020

"L'ENFANT ET L'ADOLESCENT,

AU COEUR DU SUJET"

L'enfant DYS, précoce HPI, TDHA, l'histoire du vilain petit canard

L'enfant dys ou précoce hpi et l'histoire du vilain petit canard
 
De la normalisation à l'agression narcissique
 
"Dys" signifie "difficulté"
 
Dans le langage courant et dans le contexte scolaire, la différence, tant pour l'enfant "DYS" que pour l'enfant "zèbre". Souvent l échec, l incompréhension sont les adjectifs invariables de ces enfants qui ont du mal, vraiment du mal avec la scolairité, parfois même jusquà en déclancher des angoisses.
 
Les difficultés dans les résultats sont visibles, les répercussions psychologiques dans les situations de ces enfants sont incontournables.
 
En effet dès le primaire, parfois même dès la maternelle, l’enfant souffre. il a du mal à comprendre et à faire. Il est mis en difficulté et rapidement en échec scolaire. Il est démotivé avec un sentiment d’injustice face à son échec qu'il ne comprend pas.
 
Sa confiance en soi est très impactée et l’image de soi nettement dévalorisée. C est souvent le décrochage, très souvent à la maison les devoirs deviennent une grande bataille entre l’enfant et le parent, c’est l’épuisement, la culpabilité, les pleurs, les cris, la honte.
 
Dans le meilleur des cas, une première étiquette peut apaiser l'ambiance avec la mise en place de bilans orthophoniques, un suivi orthophonique avec de la patience ( parfois deux ans de liste d'attente pour ceux qui ont la chance de trouver un place). Un PAP dans les solutions les plus idéales existantes. Très souvent l'enfant va même passer au CE1 sans savoir lire et le retards s'accumuler.
 
Une première expérience de l'apprentissage et de la vie collective, une première confrontation avec la différence, dans sa version négative.
 
Après le primaire, qui reste quand même une zone encore pour beaucoup confortable et encore cocooning, il y a une autre grande bataille au collège avec l’apprentissage de nouvelles langues qui reposent sur les mêmes problèmes avec l’orthographe et la syntaxe hautement pénalisée. Le niveau augmente également en exigence et en difficultés dans un moment très souvent où l’adolescent est aussi dans une période de doute existentiel et de crise identitaire qui accentue le mal-être.
 
Souvent, la solution sera la sortie du cycle normal fin 3 ème, vécue comme une bouffée d'air par l'élève et sa famille asphyxiés.
 
Vous l'avez compris ou vécu, l'enfant va rencontrer de nombreux obstacles sur sa route de l’école et de la construction de soi, dans une période supposée l amener à grandir plutôt que régresser.
 
Faute d aller vers l avant, c est souvent vers l arrière qu'il va se rabattre. Les énurésies, les tendances bébé sont fréquentes. Evidement les dommages psychiques sont amplifiés avec parfois malheureusement une vie familiale quotidienne difficile, dans des contextes de violence verbale, physique, séparation etc. Les chanceux auront des parents au fait du parcours dys (tests, ortho, ergo, pap, tiers temps, dictée à trous, ordi en classe etc) et du temps pourra être gagné.
 
Les enfants hyperactifsLes difficultés rencontrées par les enfants à hyperactifs ont des conséquences sur les apprentissages mais aussi sur l'estime de soi, la confiance en soi et le rapport aux autres. Le risque de l'exclusion, la différence avec les autres, l'échec scolaire, de grandes dépenses d’énergie épuisantes, la peur de l'échec, une très grande sensibilité etc. agressent l'enfant qui est plus fragile.Un travail sur soi et sont rapport au monde aide l’enfant à se sentir moins fragile et moins vulnérable et à développer leurs ressources dans de nombreux domaines.Les troubles en très résumé :- La dyslexie : "lexy" signifie mot.La dyslexie c’est la difficulté à lire, à se repérer, à comprendre le langage écrit et à reproduire le mot dit.Le DSM IV évoque un trouble de la lecture.- La dysorthographie : c’est le trouble de l’expression écrite avec une perturbation dans les règles de syntaxe et de grammaire. La calligraphie est difficile. Cela concerne tout ce qui est conjonction, ponctuation. Elle est associée souvent une dyslexie, toujours dans le cadre d’une dyslexie visuo spatiale qui va pénaliser la reconnaissance visuelle et souvent dans le cadre d’une dyslexie phonologique. Le problème n est pas qu'assembler des lettres, c’est aussi comprendre un énoncé.- La dyscalculie : c est le trouble du fonctionnement permettant le calcul. Les troubles concernent les notions telles que la symbolisation, les quantités et la mémorisation des algorithmes. On peut en effet connaître ses tables mais ne pas savoir les appliquer. Cela concerne tout ce qui est lié au raisonnement déductif et logique et l’organisation visuo spatiale.- La dysphasie : c’est le trouble du langage expressif avec la difficulté de trouver les bons mots pour exprimer une idée. C est un trouble du langage réceptif c est à dire un trouble de la compréhension.- La dyspraxie : c’est le trouble des processus cognitifs permettant les mouvements du quotidien comme manger s’habiller écrire. Le TDAH est un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité : impulsivité, inattention et hyperactivité. Son association avec la dyslexie est fréquente.- La dysgraphie : c’est le trouble des habilités motrices et gestuelles comme écrire, dessiner, découper, souligner.L'enfant "dys" est en échec scolaire et manque de confiance en lui. Violences sur soi, sur les autres, grande irritabilité, repli sur soi, sentiment de stigmatisation, risque de dépression etc..
Le travail en psychothérapie a pour but d'aider l'enfant à trouver un monde et un espace où il réussit, où il trouve du plaisir. Ces suivis renforcent la confiance en soi et le sentiment de ne pas être que '"enfant dys" en exploitant une autre facette de soi. L'art thérapie et l'hypnose sont d' excellents outils pour ces enfants.- La précocité : Les enfants surdoués et à haut potentielUn enfant surdoué voit ce que les autres ne voient pas, entend ce que les autres n’entendront jamais, perçoit ce qui est pourtant imperceptible. Ses sens sont développés, sa sensibilité est immense, son émotivité exacerbée, et il ne sait pas se protéger des émotions des autres, qu’il est capable de ressentir. Trop lucide mais aussi trop fragile, son fonctionnement est différent des autres. Il a des difficultés d’identification, parle un langage différent. Son intelligence est anxiogène. Ces psychothérapies permettent de prendre confiance en l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et à les aider à construire les bases de leur personnalité.Alors oui bien sûr aussi, toute précocité n'est pas pathologique à l'école. Il existe des enfants surdoués heureux et dans un succès scolaire, toutefois ceux sont ceux qui développent des pathologies qui doivent être accompagnés efficacement dans la construction de leur identité car ce sont ces derniers qui sont en souffrance.Pour aider l’enfant précoce en situation de difficulté, il faut déjà identifier la précocité.L un des critères et le test de QI avec le point de repère 120. Mais de quoi parle-t-on avec le QI global...? Ce sont les disparités ou les homogénéités qui sont intéressantes.Le syndrome de dys-synchronie est très fréquent chez les enfants précoces. Il s agit d un décalage par exemple entre la capacité de lecture et celle de l’écriture. Le développement intellectuel n’est pas synchrone. Il est très important de ne pas prendre en compte un QI global mais surtout de connaître la disparité entre les résultats la vie synchronie c’est un déséquilibre. Il peut y avoir une dys-synchronie entre le développement psychomoteur et le développement intellectuel qui est fréquent.Ainsi l'enfant peut ne pas être précoce mais avoir un score haut dans l'un ou plusieurs des items des test. on parlera de dys-synchronie, laquelle devra être considérée comme engendrant des troubles chez l'enfant.La plupart n arrivent pas à suivre le rythme mental demandé par le système scolaire qui a pour stratégie d’évoluer de façon homogène dans les domaines d’acquisition. C'est bien souvent l'ennui profond dans des séquences trop longues. Ces enfants sont dans un raisonnement qui leur semble évident mais pas se montrent incapables d'expliquer par des mots ou des écrits. L'enfant se noie vite dans ses associations, sa pensée en arborescence, ses idées sont trop désordonnées. Il est incapable de restructurer normalement par l’écrit. On connait le problème de la page blanche, c'est le blocage.
Il s'agit d'un mode de pensée particulier avec une pensée en images mentales, sensorielles et auditives plutôt qu’avec des mots. L'imaginaire débordant où tout est image fait que l'enfant n'a pas à passer par les symboliques des mots.L'art thérapie sera en ce sens un médium très apprécié par l'enfant.La capacité de compréhension pose un réel problème car ils comprennent mais comprennent et perçoivent globalement l'information et il est coûteux pour l’enfant surdoué de restituer les connaissances pourtant acquises. Ils sont incompatibles évidemment avec une scolarité classique car apprendre est difficile. L'enfant comprend mais approfondit peu. Il est plutôt boulimique de savoir à sa façon. Les méthodes proposées par l’école ne lui correspondent pas et il élabore ses propres stratégies.Il est parfois difficile d’imaginer qu’un précoce puisse être dyslexique, qu’un enfant surdoué puisse être en échec et pourtant tout dyslexique n’est absolument pas précoce nécessairement et vice versa. Pour comprendre ces enfants il faut s’adapter et trouver un mode de fonctionnement scolaire approprié.Parmi les aides extérieures possibles :- l’orthophoniste pour réapprendre le langage- l’ergothérapeute pour réapprendre l’espace- la famille pour soutenir l’effort- le psy pour restaurer la confiance en soi et travailler le symbolique !!!La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances affirme la volonté de considérer chacun dans sa différence pour permettre à chacun de valoriser ses talents et trouver son chemin de la réussite. L'idée est de bonne intention mais du chemin reste à parcourir toutefois. L’un des problèmes majeurs, c est l’adaptation à l’école car le système scolaire ne correspond pas aux besoins réels. Il n’y a pas d’autres prises en charge que par l âge réel de l’enfant alors qu’adapter les programmes aux compétences en dehors de l'âge serait une très bonne solution, tant pour les enfants en difficulté que les enfants doués qui s'ennuient trop vite.
De nombreuses familles sont dans le désarroi et les AVS en mal de statut.Alors les parents s’emmêlent dans un méli mélo.Il y a dys-synchronie entre le social et la réalité interneIl est souvent difficile pour les parents de valoriser la précocité de leurs enfants. C est dommage car l’enfant a vraiment besoin de s’identifier pour se construire. C’est pour cela qu’il va chercher par exemple avoir des amis plus âgés.Il se cache aussi derrière une immaturité affective avec beaucoup de peurs et d’anxiété.Combien de fois entendre donc que les résultats sont catastrophiques, qu'il n’arrive pas tenir en place? Parfois aussi une curiosité sans limite avec une sensibilité extrême dans la faculté de percevoir engendrant des angoisses souvent nocturnes, des énurésies possibles, un sentiment d’injustice très souvent avec un esprit de synthèse qui les rend extrêmement critiques.La construction identitaire est complexe car il lui est difficile de s’intégrer à des autres enfants mais également dans la sphère familiale où l’enfant voit trop vite les limites de ses parents lesquels ne sont donc pas en mesure de représenter un cadre servant de modèle assez sécure à ses yeux. Ce cadre sécuritaire, l’enfant va donc se le faire tout seul, ce qui pourra bien sûr générer des angoisses.Ce sera l'effet Pygmalion négatif : l’enfant va même répondre à une demande qu’ils sous-estime pour se fondre et tenter de se sentir comme les autres.L'enfant précoce, l'adulte précoce, c'est l’histoire du vilain petit canard rejeté par ses camarades. Il s’adapte pour être conforme à ce qu’on attend de lui stratégiquement. Il revêt souvent le costume de l'imposteur. Cette difficulté d’intégration met bien sûr à mal le processus identitaire.On retrouve aussi certains enfants surdoués dans des comportements qui relève d’un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité. Par exemple la logorrhée (parler tout le temps) ou une difficulté aussi à rester assis, une rêverie, des difficultés d’accepter suivre des règles ainsi qu’une difficulté de concentration. L' ennui est fréquent .Les enfants dys nous font ouvrir les yeux sur une problématique plus large mais tellement liée.
Qu’est-ce qui éduquer ? Eduquer c’est élever.Dans le sens de hauteur.Rendre libre.. C'est mener les enfants à penser par eux-mêmes. C'est être autonome dans les apprentissages et dans la vie. Mais comment palier aux difficultés? Pourquoi les outils n'aident-ils pas à reconnaître l’altérité plutôt que la normalisation?Cibler le conformisme est un affront narcissique.Alors oui les pratiques rééducatives visant à diminuer les difficultés sont un succès dans le nombre de cas mais ils ne résolvent en rien les désordres d’ordres psycho affectif qu’il serait grandement temps de penser à décrypter plutôt qu'une politique visant à réduire l'échec.Ré-éduquer c’est transformer en autre chose que le soi d'origine.A ce jour la seule solution trouvée par ces enfants c’est la possibilité de compenser c’est-à-dire que les enfants deviennent à la longue capables de faire un usage de leurs compétences réelles et de les adapter à un système qui n'est pas le leur.A quel prix ...!Colmater le symptôme ne sert à rien!Le symptôme est remplacé par "troubles" avec trop souvent la Ritaline comme solution extérieure qui escamote le symptôme interne.
La question se pose ici donc. Faut-il être normal finalement ? Etre normal c’est se conformer, se réduire, être fade. Les défauts de l'enfant hyperactif mis sous Ritaline qui ne reste pas en place à l'école peuvent pourtant devenir un sérieux atout dans le monde du travail plus tard, avec une énergie à revendre qui sera alors valorisée.Etre normal devrait plutôt relever de s’accepter dans sa façon d’être avec ses possibilités, ses qualités, ses défauts.D'où l'importance de réaliser un travail sur soi afin de connaître ses blocages, ses mécanismes de défense et accepter d'être soi. Pour sortir de l'échec scolaire, la prise en compte d’un fonctionnement intellectuel et affectif spécifique doit absolument intégrer le mode de pensée spécifique dans une restauration narcissique.Il faut réellement entendre les dys comme un symptôme c’est-à-dire prendre en compte l’expression d’un ratage symbolique et traiter la cause en complément des aide en orthophonie, ergothérapie etc qui contribuent à aider l'enfant dans son repérage.L'enfant est touché dans sa capacité à symboliser et à représenter.Il y a un défaut d’élaboration avec une rupture de la chaîne inconsciente signifiante, avec un accès barrée. On voit par exemple cette faille entre la lecture et l’écriture avec les fautes d’orthographe ou les mots liés sans coupure entre eux.C'est la dys-harmonie crée par le manque du tiers.Question centrale : Qu'est ce qu'apprendre?Ce verbe a deux sens. Centripète et centrifuge.Recevoir et être acteur.L'acte d'apprendre, c'est la pédagogie, avec le concept d'efficacité de l'apprentissage.Apprendre, je dirais que c'est un acte de liberté.
Comment apprendre à apprendre en psychothérapie?Parmi les outils thérapeutiques certains sont bien adaptés à l'enfant et l'adolescent.L'art thérapie qui permet de travailler le lâcher prise et la créativité. L'hypnose aide à développer la confiance en soi, le renforcement de soi, la détermination, la motivation et dépasser l'échec et les erreurs.Ces psychothérapies contribuent d'une part à restaurer l'image de soi de ces enfants, d'autre part de favoriser un comportement adaptatif favorisé dans lequel l'enfant trouve une compensation narcissique dans une activité qu'il peut investir sans se sentir en danger (art thérapie).Pourquoi travailler les apprentissages en psychothérapie?Pour favoriser l'estime de soi. Prendre conscience de sa valeur, se sentir capable. Capable de s'adapter. de REUSSIR;Pour se trouver des compétences.Apprendre devrait être plus un plaisir qu'un but.Il va s'agit d'évacuer les émotions négatives et rétablir les pensées positives (exemple, savoir utiliser autrement un crayon en art thérapie), et les étiquettes.Apprendre pour encourager la curiosité.Explorer. Découvrir. Rétablir le droit à l'erreur.
 
 

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Quand les mots détruisent

Le premier ado que je reçois vient pour une phobie du vomis. L autre parce qu il tape et insulte les autres élèves du lycée. L un est une fille, l autre un garçon. L’un s écroule, l autre attaque. Il y a aussi un troisième, plus jeune, en école primaire. Son corps est complément recroquevillé sur le fauteuil lors de la première séance et parle à voix basse et regardant sa mère à chaque fois que je lui pose une question. Le premier ne veut plus aller à l école, le second se languis de finir ses études et la troisième veut se suicider. Les trois sont harcelés, l un depuis des années. La mère m explique que « Fils de pute » c est comme ça qu ils parlent, « Oh, FDP c est classique » m à dit la surveillante ». « T es moche », c est ce qu entendait régulièrement la seconde. « Tu es celle qui fais des pipes toi », pour la première, trahie par son premier petit copain qui tenait un scoop pour les réseaux sociaux.
Les trois peuvent être nos enfants.
Les mots détruisent, on ne le dira jamais assez... trop sont brisés, trop d autres sont mal compris ou pas vraiment entendus , et beaucoup trop en meurent... C.Vera

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Jardin secret

Cela peut déranger et parfois dégénérer puisque créer une rumeur fausse et déformée de paroles en paroles. Les messages sont de toutes façons déformés lorsqu’ils passent de personne en personne, chacun modifiant une partie de l information. Cela peut déranger puisque c est très intrusif; on parle de votre intimité, on déborde des limites et cela peut entraîner une brève ou un effondrement du Moi en réveillant d autres intrusions. C est un viol et un vol. Cela peut aussi être mis en lien avec l effet miroir et le mécanisme de la projection ; qu est-ce qui en vous touche ( en bien ou en mal) l autre. Un petit tuyau ? Deja tout simplement ne pas tout dire trop vite au premier venu pour être sûr que votre vie vous appartiendra toujours. Je pense à ces ados qui se laissent filmer dans leurs expériences et rapports sexuels et qui se retrouvent sur les réseaux sociaux trahis par celui ou celle qui aura « le » scoop de l année. Et qui se suicideront.

Le dessin et les couleurs

Mais c est très très important de savoir comment on va colorier son dessin! On peut y passer longtemps même. Regarder, reculer, tester. C est un processus créatif que voilà, des mots posés par des couleurs. L enfant, le petit enfant ne sait pas écrire avec des lettres. De la même façon que l adulte va écrire puis faire des brouillons, froisser la feuille, jeter à la poubelle, rêver du texte peut être. Quelque chose se passe. De la même façon peut on passer des heures à se questionner de la couleur dont nous allons repeindre le salon. Les couleurs sont des mots. Il n y a que la couleur choisie avec le cœur qui sera juste, les autres influencées par des accords, des règles, les autres. La couleur d aujourd’hui ne sera pas celle de demain ni d hier.

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Adaptation et créativité

Quand on demande à un enfant de maternelle ce qu il veut faire comme métier, ce sera maîtresse ou policier très souvent. L idée de soi plus tard naît des représentations que l on se fait, venant des adultes proches et des super héros qui entourent l enfant, des imagos qui viennent construire un petit Moi comme un arlequin coloré de petits bouts venants de ci et de là. L’image claire de la maîtresse et du policier de la petite enfance va se brouiller un temps, avec un Moi qui prendra plus tard, bien plus tard, ses marques dans l individualité et l individualisation. Un temps de doutes ou tout se mélange et tout se construit. Il faudra encore d autres expériences et d autres imagos pour se renforcer et s affiner, sans fin. Alors surtout no stress, l ado, le jeune adulte a le temps de prendre son temps. Redoubler parfois pour mieux repartir ailleurs, qu importe. Ce n est pas une erreur, c est une expérience. Trop se retrouvent dans ces voies non choisies et y galèrent. L essentiel est de faire ce qui plait et pas ce qu il faudrait pour plaire ou ne pas déplaire aux parents. Des interrogations à n en plus finir dans des choix à faire pour choisir une orientations, des doutes, des angoisses, le cap des années d orientation et le post bac sont des années de choix et de séparation, avec des écoles souvent à distance du domicile des parents. Dans ces labyrinthes de questions sur un avenir qui peut faire peur parce qu on grandit, même si on le souhaite depuis longtemps dans des revendications de liberté, les parents restent essentiels, les professeurs les confidents au centre des tsunami existentiels et le temps nécessaire pour avancer. Alors juste écouter, rassurer, c est déjà énorme, pour ne pas laisser nos jeunes désespérer mais plutôt y croire. Ils peuvent mieux s envoler vers le monde qu ils construiront, avec nos bases et leurs différences.

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Le regard en miroir

 

Les yeux des parents sont un premier miroir par lequel l enfant se construit. C est quoi, soi? La représentation de soi, l idée que l on se fait de soi, le petit moi se construit. Dites à l enfant qu il est nul, il se sentira nul. Dites à l enfant qu il va y arriver, il va se sentir capable. Winnicott demande : « Que voit le bébé quand il ou elle regarde le visage de la mère ? » Ce que le bébé voit, c’est lui-même ou elle-même. « En d’autres termes, la mère regarde le bébé et what she looks like is related to what she sees there, ce dont elle a l’air est en relation avec ce qu’elle voit là. »

 

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Le divorce et l'enfant

Pourquoi alors « violence conjugale »?

On ne peut pas parler de violence conjugale au sens littéral puisqu elle est vécue par tous dans la maison. C est une violence « familiale ». Disons les mots justes, c est systématiquement une violence sur l ensemble de la famille. C est là où c est compliqué.... déjà faire émerger l idée qu il ne s agit pas d un conflit entre époux mais d une réelle violence sur tout les membres de la famille est important.

Le parent qui dysfonctionne est une violence pour l enfant. Le dysfonctionnement est large et c est aussi parfois malgré le parent en proie à ses propres démons. Rappelons que les addictions sont aussi des violences sur l ensemble de la famille. L alcoolisme est une violence vécue et subie par chacun dans la maison. La dépression d un parent est aussi une violence pour les enfants. Que penser d un enfant qui vit dans la peur que son parent se suicide? La jalousie est une violence vécue par tous. Une simple dispute des parents est aussi déjà une agression vécue par l enfant. La place du non-dit est puissante. C est la loi du silence par loyauté, par honte, par parentage. Quand l enfant va parler c est qu il est à bout. Quand il parlera, l entendra t on??? J entends souvent ces ados me dirent qu ils se languissent de partir car ils se supportent plus les disputes des parents. C est avoir raté quelque chose quand même d en arriver là. Pourtant il n y a pas de coups mais des mots quotidiens de dévalorisation, des cris, des jugements. L enfant est bloqué car il ne peut pas partir.

Il ne peut pas divorcer de ses parents. Ces violences là sont moins spectaculaires que l article mais elles sont plus nombreuses et les cicatrices éternelles.

 

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Les bons mots

Très souvent un parent ne sait pas trop où aller. Quel chemin prendre? Quel est le mieux pour mon enfant? Des doutes, des peurs, des responsabilités. Comment trouver les mots ? me disait une maman, quand ma fille de 10 ans est en larmes dans la salle de bain et me dit qu elle veut se suicider? Cette maman venait pour sa fille et je voyais les larmes monter dans ses yeux en me décrivant le retour de l école et le nouveau énième harcèlement verbal qu elle venait de subir dans la cour. Vous pensiez ne pas pouvoir l aider car ses mots étaient très durs à entendre pour vous, c est cela? Vous avez pu penser que vous n étiez pas une bonne maman par manque de mots? La maman me dit oui et pleura. Alors j ai demandé à la petite fille si elle pensait que sa maman avait bien réagit à ce moment là. Oui me dit elle bien sûr, elle était là pour moi et j étais rassurée. Ou vont les larmes des enfants qui n ont pas de parent derrière la porte de la salle de bain pour essuyer ses larmes? Un parent doute souvent de faire bien, parfois c est juste être là et tenir la main. J ai croisé cette sculpture en ballade au Grau du Roi et je souhaite la partager avec vous. Les regards sont puissants. La mère doute mais l enfant est rassuré. Peut importe la route, les creux, les bosses, elles se tiennent la main. Ne doutez pas, l amour suffit parfois simplement plus que de grands tralalas.

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NEW LETTER DECEMBRE 2019

"THERAPIES"

Impasse et carapace

« Qu en pensez vous? ». Cette fois-ci je ne pense pas à une carapace, c est bien vous. . Je sens bien que non, vous ne me donnerez rien si ce n est ce rien de vous. Vous n êtes pas là pour donner. Ni pour recevoir mes mots finalement, enfin vos questionnements. C est autre chose, vous me bloquez, je suis bloquée, mon corps le sent et vos mots le disent. « Je n en pense rien ». Alors je joue le jeu, je reste bloquée. Je décide de rester bloquée. Vous ne voulez pas penser et dire mais pourtant vous êtes ici dans ce fauteuil dans mon cabinet. Quelque chose coince, c est une injonction paradoxale. Encore! Quand on la connaît on la voit mieux. Cravate bleue, cravate rouge? Les deux puisque pas le choix. Pourquoi être venu voir une psychanalyste? Je reste ainsi à la seule place possible pour ne pas initier quoi que ce soit de mon propre contre transfert par une demande qui ne serait pas de vous. Non vous n êtes pas là pour vous questionner, non, vous venez car vous êtes frustré par une situation qui vous irrite et pressé de ne plus l être mais sans rien donner ni prendre. Nos regards se croisent longtemps sans que la rencontre puisse être puisque c est bloqué. « Qu en pensez vous? ». « Je n en pense rien ». Alors je respecterai ce rien et je ne penserai pas pour vous. On joue un peu au tennis, on se renvoie la balle. Dans l impasse que vous posez, la seule solution est surtout d y rester et vous la renvoyer en miroir. Je n ai que le miroir comme outil, je n ai pas de cravate sous la main. C est votre impasse, pas la mienne et c est à vous d en sortir. Quel rien? Quel est ce rien que vous donnez? Un rien qui veut tout en retour sans le vouloir non plus. Je décide de ne rien donner ou si, plutôt en ne vous donnant rien que ce que vous donnez, pour vous renvoyer à vous.

C.Vera

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Shopping addict

La liste des compulsions / addictions / régressions / actes manqués est curieuse... Le shopping ! ? Mais je n ai juste plus rien à me mettre! Il est aussi des situations étranges que de se retrouver à la caisse le chariot plein, remplis de choses qui n étaient pas sur la liste. Boulimie et remplissage des placards et du caddie comme on remplit son estomac, on grignote le long des allées du supermarché et des magasins en mode perfusion, on se sent bien, ça fait du bien, on se comble et on se rassure ( je pourrai en avoir besoin !), une sorte de frénésie, de hors contrôle et de déni emportent la carte bleue loin de toute réalité. C.Vera

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Le symptôme en psychanalyse

 

On m appelle parfois pour prendre rdv directement pour une séance emdr comme on va demander une baguette de pain ( je dois faire un lien avec une baguette magique !). « Je voudrais faire une séance emdr »... On dit aussi « je voudrais faire une séance d hypnose ». La question reste qui suit est toujours la même, « une séance va t elle suffire? » . Ma réponse aussi, est toujours là même : je ne sais pas si nous ferons de l emdr, nous verrons cela lors de la première séance ». Un psy reste dans la décision des méthodes qu il va employer, cela me semble la base. Et sur qui il va les employer....

.Travailler sur le symptôme n est pas l idéal. Quelle est en fait la demande ? En cas de trauma actuel (viol, accident, etc c est à dire qui vient du présent), on est dans un trauma actuel, il est identifié on ressort d une avalanche, on a été encastré dans sa voiture, on vient de perdre son enfant suite à une fausse couche tardive, et évidement on travaille le présent déjà suffisamment lourd. Pour ses psychonévroses comme la phobie ou des addictions, l angoisse aussi pour évoquer que cette émotion, l analyse associée est indispensable. Ça dépanne de travailler sur le grignotage compulsif oui mais ça déplacera le problème ailleurs. L emdr permet cependant de mieux comprendre ce qui se passe durant la séance aussi donc le travail d analyse existe via l emdr aussi. Indirectement. Je prends l angoisse par exemple cas fréquent. La séance aura l avantage de mettre en mots les émotions et si en emdr on n analyse pas rien n empêche ensuite d exploiter les mots pour creuser. Les mots dits permettent de donner du sens et le travail des yeux et donc de la mémoire via le cerveau de travailler les émotions. J aime beaucoup l emdr mais je ne vais pas l utiliser systématiquement. C est un outil. Très en lien à l hypnose d ailleurs.

 

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Se remplir d'amour

 

Phénomène étrange communément vécu lorsque le couple se crée, aimer et être aimé fait donc grossir, oui!....

On pense qu arrêter de fumer fera grossir mais on n y pense pas quand on se met en couple. On y pense mais après. Se lâcherait on donc quand on est à deux ? De prime abord oui à voir les balances. Le moment de la rencontre est plutôt lié à des pertes de poids puisqu on se nourrit de ces premiers instants qui remplissent à eux seuls. On est comblé(e). Chimiquement comblé, l état passionnel à effet d une drogue. Parlons des poignées d amour. Après le plein des premiers temps, la peur du vide? Peur de perdre alors on prend ailleurs, on stocke en vue d une famine? Les angoisses peuvent surgissent, inconscientes. L amour fait remonter à bien des choses. L affolement des neurones face à la possibilité de perdre l âme sœur et un réflexe archaïque de se rassurer par la nourriture? Car on dit bien « poignée » vous connaissez l expression. Les poignées c est ce qui permettent de tenir, retenir. Je te tiens! Tu me tiens! On se tient! L amour ne comblant jamais tout, un rappel de ce vide qui cherche à être comblé ? Que se passe t il côté cuisine? On prend le temps des repas à deux, on se met aux fourneaux, on partage des moments. On nourrit l autre et on se nourrit soi même par tout cela. L amour remue le cœur et l estomac, liés on le sait.

 

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Ressasser n est pas avancer

 

Ressasser est energivore et entrave l action voire le corps certes mais peut oublier ? Qu est ce qu oublier? Qu est ce que tourner la page? L oubli, c est côté déni ou côté deuil/acceptation? Pour se libérer du passé ne faut il pas au contraire se souvenir et se construire avec? On n oublie jamais, on stocke ailleurs. Parfois ça remonte en surface de façon cryptée, on se surprend à rêver, à symptomiser (oui je sais ce mot n existe pas) et autres effets du refoulé de l insconscient qui tel un grenier ou un disque dur garde trace . L oubli c est comme les émotions, on ne peut pas le maîtriser vraiment. Parfois il y a même des fantômes qui hantent dans les familles de choses indicibles et impensables et même non nommées elles sont pourtant encore là.

 

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Le tiers sur le divan

On est très rarement deux dans le cabinet du psy....Les parents, les amis, les conjoints, les enfants, le patron, le chien, la voisine, les anciens profs, les anciens amis, les anciens amants, les anciennes maîtresses, les enfants qu on rêvent d avoir, les vivants, les défunts... sont aussi là et pourtant il n y a qu’un divan, le vôtre.

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La bonne mère


Le psy a souvent, parmi les divers costumes qu on lui attribue par le transfert de représentations inconscientes, le rôle de la bonne mère qui rassure, console, qui contient l angoisse, qui redonne l énergie et la confiance en soi. C est une relation particulière au cœur de l intime sera toujours garante des limites. Le cadre déontologique est clair : pas de contact physique avec le patient. La règle du non toucher appartient à ce qu on appelle le cadre. Le psy pose les limites avec le cadre : planification de la prochaine séance, règlement de la séance, durée de la séance, paiement du en cas d annulation de la séance, possibilité de joindre son psy par téléphone en dehors des rdv au cabinet etc. Le cadre est réciproque. Le cadre peut s assouplir ou se resserrer dans un but thérapeutique mais la règle du non toucher est pour moi la seule qui ne doit pas être élastique pour trois grandes raisons : d abord par le fait qu apprendre justement à mettre des limites envers soi même et les autres est le cheminement fait par le patient en psychothérapie, ensuite pour justement marquer l interdit de l incestuel ( puisque le psy est la bonne mère, c est rassurer par cette juste distance) et enfin une façon aussi pour le psy de se protéger en conservant son espace et sa zone de neutralité. Prendre quelqu un dans les bras, c est ressentir, ce n est plus écouter. C est la limite des corps qui rapproche les esprits. Et vous, pensez vous dans le quotidien à mettre votre cadre...?

Sans cadre, c est la grande pagaille.

 

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On ne devrait pas empêcher les larmes de couler. J entends de nombreuses personnes qui s excusent de sentir les larmes arriver, au fil des mots. Il ne faut pas s excuser... Ce sont les mots du cœur, chaque larme qui s échappe est une lettre qui compose tout le poème des émotions. Par les mots seuls on ne peut pas tout dire et les yeux, le regard complètent ce qui n arrive pas à sortir. Un exutoire essentiel pour décharger le corps. Tristesse, colère, peur, honte, chagrin. Joie aussi. Les émotions font partie de nous.

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NEW LETTER NOVEMBRE 2019

"E-MOTS-ION"

Pétage de plomb

Prendre du recul ou péter les plombs?

C est un motif de consultation en psychanalyse. « J ai des crises de colère que je ne contrôle pas ». En général, ça inquiète, on a parfois honte. Les émotions sont abordées sur le divan ou en face à face, il va s agit de mettre des mots sur l origine de ces pulsions violentes. Colère à bannir? Pas toujours car que se passerait il si on gardait notre colère en nous?

On pourrait la retourner contre soi ( suicide, scarification, masochisme etc). J ai reçu une patiente qui voulait que je suive son enfant de 2 ans qui fait des colères. Il n a sûrement rien d autre pour s exprimer et au moins sa mère l entend... Le corps est extraordinaire, il exprime des émotions quand on ne veut pas entendre les choses, c est comme une soupape de sécurité. Mettre des mots sur les émotions c est se comprendre. Passer au tricot trop vite c est courir le risque de finir par un ulcère ou autre. Le mal a dit....On ne peut pas empêcher des émotions d et tant mieux ! mais on peut par contre les contrôler et c est la seconde étape. La pulsion cherche à se décharger et c est sur la raison de la décharge qu il faut creuser, en ce sens comme on la verbalise, elle se « lie » au langage et le corps se calme. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, ce serait si dommage. 

C.Vera

Nos sens et sensations

« Je n en crois pas mes yeux »!

« Tu me casses les oreilles »!

« Je suis à fleur de peau ». « Je l ai dans la peau ».

« J en perds ma voix ».

« Ça me donne la chair de poule ».

« Sur ce coup j ai eu du nez ».

Nos sens, ils expriment nos émotions et notre ressenti. Ce sont nos éprouvés. Il y a quelques belles citations à ce sujet. « Voir c est croire mais sentir c est être sur »(Sade). « Pour tout peindre il faut tout sentir » (Lamartine). « L odorat est le sens de l imagination » (Rousseau). « L amour est aveugle ». Pourriez vous imaginer un monde où les sens seraient éteints? Pensez aux enfants qui ont peur dans le noir... Nous avons tous des yeux alors pourquoi ne voyons nous pas les mêmes choses? C est pareil avec ce que nous entendons, il suffit de multiplier les émetteurs et le message d origine est déformé. Notre rapport au monde est dès la naissance lié à nos sens. Le bébé développe ses perceptions du monde extérieur alors qu il est encore dans le ventre de la mère. Il perçoit les sons, la lumière. Il perçoit l anxiété et le stress. Plus tard, le toucher sera le premier sens qui lui permettra de partir à l aventure et il mettra tout à la bouche. Il s apaisera dans des bras contenants et au son de la musique. Il fera la grimace en mangeant ou se lèchera les babines. Plus tard encore il apprendra peut être mieux avec sa mémoire visuelle les fiches de lecture ou préféra écouter le cours en classe pour le retenir plus efficacement. On peut débrancher certains canaux sensitifs, par exemple se concentrer sur le contact des rayons de soleil qui touchent nos peaux lorsque nous sommes allongés sur la plage et ne plus entendre la mer pourtant largement présente ou au contraire se rebrancher sur l auditif en réunion par exemple et en oublier le parfum de la collègue qui dérange. Se débrancher d un sens c est en amplifier d autres. Sûrement une défense. C est la très curieuse expérience que propose le vallon du Villaret à Bagnols les Bains (cf photo). On tri, on débranche, on sélectionne un autre canal sensitif sans s en apercevoir, naturellement. A l inverse imagineriez vous un monde sans odeur? Ouvrir le four et ne pas sentir le bon plat qui est en train de cuire? N y sentir aucun goût lorsque vous le manger? Faire l amour sans ressentir le contact de la peau de votre partenaire? Aller dans une fête foraine au milieu de la foule et ne rien entendre? Ne pas voir? Ne pas voir, pourtant cela nous arrive bien souvent dans la vie. On ferme très souvent les yeux. Parce qu on réfléchit aussi et on s éloigne de nos éprouvés. On préfèrera arranger l angle de vue à sa sauce. Dire après lorsque on sort du déni , comment ai je fait pour ne pas voir? On savait pourtant. On sait toujours à l avance parce qu il y a toujours les autres sens de branchés. On sait dès le premier instant mais c est très bref, subtil, si éphémère qu’on s en aperçoit à peine. C est comme les actes manqués, on passe devant sans les voir. On préfère s arranger ou alors on est occupé, sûrement défensif aussi, on n est juste pas à l écoute de soi. Les sens, ne peut pas les débrancher tous ensemble, sauf dans la mort. Les éprouvés, je les perçois durant les séances avec les patients, sûrement parce que je me débranche de moi même, de mon vécu et de mon jugement personnel mais jamais de mon corps. J écoute toujours mon corps et le corps de mes patients, et pas uniquement le son de de leur voix. Les voix mentent toujours car elles ne disent pas tout et le disent en étant raisonnable. Écoutez votre corps vous parler, et vous verrez, même dans le noir. Sentons. Ressentons. Sentons l angoisse vécue dans le corps et mettons des mots dessus au lieu d en avoir si peur.

Comprenons le monde, qui nous sommes et notre désir en nous branchant sur nos ressentis. C.VERA

 

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C est souvent devant des films que les émotions liées à tout autre chose se déplacent. Ces chaudes larmes ou dingues fous rires, riches émotions en tous cas sont des exemples qui expriment très bien par exemple un mécanisme de défense qui s appelle le déplacement. En psychanalyse, les mécanismes de défense permettent d évacuer des conflits psychique (je veux mais je peux pas) et ils sont nécessaires. Ce sont des réels garde fous, qui permettent à la structure psychique de ne pas s effondrer. La pulsion toujours cherche à se décharger. C est « ça » qui se passe lorsqu on regarde un film et qu on se met à pleurer à chaudes larmes sans pouvoir s arrêter ( tiens là c est surement le surmoi qui dit qu il faut s arrêter quand même je suis ridicule!). L affect non déchargé et gardé dans le corps se libère avec la pulsion scopique visuelle qui fait remonter l affect du refoulé parce qu il y a un tout petit quelque chose dans cette scène qui « parle » à l inconscient qui relie la scène à l émotion. On dit qu elle se relie. Même des années après. Ainsi si vous pleurez sachez que c est bénéfique car les émotions se permettent de se libérer et cela est intéressant pour les personnes qui ont plutôt tendance à tout garder pour elles. Ensuite pour aller plus loin bien sûr se demander pourquoi on pleure, à quoi nous fait penser ce que l on voit nous permettra de comprendre ce qui se passe en nous. Les enfants regardent les dessins animés et ressentent tout ce mécanisme aussi bien sûr et cela les touchent sans qu ils puissent bien dire pourquoi. On peut se servir des livres et des films pour parler avec eux. Tu es triste pourquoi dans ces images...? On réalise aussi qu on est quand même bien tous les mêmes ( et tant mieux) : qui n a pas pleuré devant le Titanic!!!???
 

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Le suicide émotionnel

« Je suis heureux! ». Voilà, tout est dit en trois mots. HEUREUX ! Le langage verbal allait de paire avec le corps, qui se permettait de se tenir moins tendu aussi. Le corps et l esprit pouvaient enfin se permettre d être, de ressentir. Imaginez que vous voyez d un seul coup le monde en couleur, que vous passez du noir et blanc à l arc en ciel, que vous entendez enfin les sons. Nous avions travaillé un comportement adaptatif dérivé d une éducation et d un idéal transmis par les parents coincés dans leur couple et leurs peurs. Ne pas se permettre d aimer par peur de tenter un schéma inconnu, s aimer sans se toucher, ni par la peau, ni par les émotions, telle est la devise familiale, on s aime dans la sécheresse. C est triste de ne pas rêver à 20 ans et d être déjà enfermé dans des peurs transmises. C était la limite avant l alexithymie, le suicide émotionnel puisqu on ne peut pas parler, rire, sentir, pleurer, aimer, choisir, on se ferme comme une huître, c est juste ce qui est permis... On vit ensemble du politiquement correct mais on ne se quitte pas et surtout on ne dit rien qui déborderait émotionnellement. Et puis là, ça explose. Feu d artifice. Il était une fois le possible à venir. Sea, sex, love ans dreams.

 

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NEW LETTER OCTOBRE 2019

PENSEES ET PANSER

Tic Tac

 
Ne me dis pas que tu n as pas le temps .
Le temps, c est précieux. Tic tac, tic tac...
Très précieux. Tic tac...
Le temps, on ne peut le saisir qu’en mode ralenti, quand on a baissé les armes. Quel dommage de l apprécier à posteriori, une fois perdu. Tic tac, tic tac...
Si on lui court après, c est raté. C est trop tard. Si on l anticipe et qu on veut le mettre en cage, il n arrivera peut être jamais.
Le temps, il est à saisir, tic tac, surtout pas à regretter.
Et si tu n as pas de temps à me donner alors ne me fait pas perdre le mien.
C.Vera
 

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Sur les rêves

 

Les nuits plus rien n est interdit, tout devient possible pour l oreille attentive. La nuit, les fantasmes se permettent et osent devenir des histoires où les personnages racontent nos désirs. Enveloppant son amie l étoile filante qui invite au souhait, la nuit se déguise dans un manteau mystérieux pour oser faire l école buissonnière. Comme des polissons les rêves vont se frayer un chemin. Chut... La censure endormie baisse sa vigilance, le réveil fera le ménage pour ne pas laisser de traces de la sortie interdite. Laissons nous guider par nos rêves l espace de la nuit, quel dommage de rester trop sage dans son lit .

C.Vera

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Rencontrer

 

Question de la « rencontre » et du lien social pertinente dans cet article que l on pourrait prolonger par du débat sur une ère des écrans posant la rencontre avec l Autre virtuel qui interroge sur le lien social aujourd’hui. L Autre c est rappelons le ce qui est extérieur à soi. Vaste question des limites quand l Autre est démantelé et éclaté, dispersé comme dans le cas des institutions avec cet article. Serions nous nous devenus tous autistes, conséquence régressive de repli par manque d habitude pouvant prendre (entre autres causes) l hypothèse pour tous ces troubles de l attachement dans un monde ou l Autre n existe pas que l étranger du 8 eme mois quand il est en face à face fait peur de nouveau? L étranger finalement on le voit de moins en moins. On demanderait même des séances de psy par téléphone ou Skype. On suivrait par plus de facilité des cours avec un Maître à distance. Même le sexe est à distance. Plus facile d éviter la castration dans un monde ou de toute façon, nous n avons plus de temps puisque nous lui courrons après. A distance on gagne du temps, enfin, on évite la perte. On évite même la rencontre. Comment se construire en miroir si ce n est en selfies dans un monde ou l Autre n existe pas que de matérialisé, que le mode de relation est virtuel et démantelé? L Autre est dans mon téléphone. Drame si je le perds, comme si je perdais mes parents et mes amis, ma vie, à la limite d une décompensation/ de-composition Sur quelle image se construit on? Comment se re-composer?

 

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NEW LETTER SEPTEMBRE 2019

"AMOR AMOR"

 

Ne cherche pas à comprendre l'amour, vis-le

 
– Je t’aime, dit le Petit Prince
– Moi aussi je te veux, dit la rose
– Ce n’est pas pareil…, répondit le Petit Prince… vouloir, c’est prendre possession de quelque chose, de quelqu’un. C’est chercher chez les autres ce qui peut remplir nos besoins personnels d’affection, de compagnie… Vouloir, c’est chercher à faire nôtre ce qui ne nous appartient pas, c’est s’approprier ou désirer quelque chose pour nous combler, parce qu’à un moment donné, quelque chose nous manque.Aimer, c’est désirer le meilleur pour l’autre, même s’il a des aspirations différentes des nôtres.Aimer, c’est permettre à l’autre d’être heureux, même si son chemin est différent du mien. C’est un sentiment désintéressé qui naît d’un don de soi, c’est se donner entièrement à partir de notre coeur.Quand on aime, on donne sans rien demander en échange, pour le simple et pur plaisir de donner. Mais il est aussi certain que ce don, ce don de soi, complètement désintéressé, ne se fait que quand on connaît. Nous ne pouvons aimer que ce que nous connaissons, parce qu’aimer veut dire se jeter dans le vide, faire confiance à la vie et à l’âme. L’âme ne s’achète, ni se vend. Et connaître, c’est justement tout savoir de toi, de tes joies, de ta paix, mais aussi de tes contrariétés, de tes luttes, de tes erreurs. Parce que l’amour transcende les disputes, la lutte et les erreurs, l’amour, ce n’est pas uniquement pour les moments de joie.Aimer, c’est la confiance absolue que, quoi qu’il se passe, tu seras toujours là. Non parce que tu me dois quelque chose, non par possession égoïste, mais juste être là, en compagnie silencieuse.Aimer, c’est savoir que le temps n’y changera rien, ni les tempêtes, ni mes hivers.Aimer, c’est donner à l’autre une place dans mon coeur pour qu’il y reste comme un père, une mère, un fils, un ami, et savoir que dans son coeur à lui, il y a une place pour moi.Donner de l’amour ne vide pas l’amour, au contraire, il l’augmente. La manière de donner autant d’amour, c’est d’ouvrir son coeur et de se laisser aimer
– J’ai compris, dit la rose
– Ne cherche pas à comprendre l’amour, vis-le, dit le Petit Prince.
 

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Le dire, c'est bien aussi

Alors oui tout le monde se l accorde et on en rigolerait presque , pas besoin de la st Valentin pour s aimer. La st Valentin ? « C est commercial ! ». Alors pourquoi les restaurants affichent ils complets ce jour là? « L amour nous, c est tous les jours » et pourtant, pourtant! Pourtant parfums et bouquets de fleurs trahissent, ce ne serait pas trop raisonnable de l oublier . Au cas où, allez je prends un petit bouquet, on se fait un petit restau. Ne rien dire serait le pire. Oublier! Il y a un « il faut » dans la st Valentin. Il faut au moins dire qu'on n a pas besoin d attendre ce jour là. C est ce qu'on dit tous. Pourtant tant d insistance à le dire alors...? Pourtant tant de dénégation qui mêlée à l ironie renforce le défensif? Ce jour là le 14 février l amour rentre dans le cadre, perd sa belle légèreté, l imprévu du coup de foudre est loin puisqu'on s attend à quelque chose. La déclaration d amour devient prévisible et là non déclaration passerait presque pour une déclaration de guerre. Un rituel. Tellement prévisible. Sous pression aussi. Casse tête et dilemme dans un moule, on pense à s aimer au moins le temps d une soirée. On se forcerait presque. Il y a un paradoxe, un ordre et un désordre à la fois. C est l histoire de la cravate bleue et de l cravate rouge. Inviter oui mais si c était pour faire bonne figure que je reçois ou que je lance cette invitation? Le cadeau ne fait pas la preuve! On offre mais ça ne signifie pas et ne pas offrir ou montrer son amour ce jour là poserait l indifférence. Ne pas inviter ou offrir? Enfin, enfin! C est commercial ? On s arrange là. Ça peut prêter à confusion... Alors oui les restaurants sont pleins. Plein de quoi en somme? D amour ou de faux semblants? Comment savoir? Le bouquet offert est il offert par amour ou par du politiquement correct pour éviter les conflits futurs ou des culpabilités cachées dans le placard? Et puis le rituel du bouquet, n est ce pas ne pas trop se casser la tête? Il y a dans la st Valentin une injonction paradoxale qui relève d un impossible. Une impasse. Alors quitte à être coincé(e), si ce jour là le discours commun voire ironique est de dire avec autant d insistance qu on a surtout pas besoin d attendre la st Valentin pour s aimer alors bingo c est juste ce message que la st Valentin nous rappelle. C est déjà juste bien de le dire... Pourtant chaque jour on oublie qu'on s aime entre le métro, le boulot et le dodo, ça va vite...

 

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Coup de foudre

« Dès la première minute où je l ai vu, le sol semblait s effondrer sous mes pieds, comme transporté dans un ailleurs où mon corps tout entier me lâchait, où le temps se figeait, avec cette impression d’être à la fois aimantée et liquéfiée, entre la panique et l euphorie, j ai compris à ce moment là que quelque chose se passait et pouvait changer la vie. C est d ailleurs ce que j ai fait par la suite, en faisant un demi tour que je n ai jamais regretté ». Le sentiment amoureux est à la fois chimique et psychique, entre les phéromones et le cœur quelle pagaille!

NEW LETTER AOUT 2020

"ADDICT"

Les addictions sont un thème qui est souvent abordé dans nos cabinets. La liste est large. Voici quelques petites réflexions sur l addiction au sexe. « L addiction est une compulsion impossible à maîtriser. Elle est hors contrôle, elle relève de la pulsion qui doit atteindre son but : décharger le trop plein, rééquilibrer.

Elle passe bien souvent par le corps. On peut le constater avec la colère et le pétale de plomb tout comme avec l engloutissement du paquet de galettes dans le placard. Il en est de même pour le sexe.

Un de mes patients m expliquait avoir depuis des années trois maîtresses régulières qu il voyait l une après l autre tout au long de la journée et avec pour chacune plusieurs rapports sur chaque rdv. Il n avait plus la possibilité de travailler, tout son temps était pris dans ses rdv. Il s étaient trouvé que les trois maîtresses en question n avaient plus étaient été disponibles en même temps et il s en était suivi une profonde dépression de la part de mon patient. C était le vide. Le corps ne déchargeait plus et l esprit ne se rassurait plus. Nous voyons dans ce cas la puissance de la notion de répétition. On tourne boucle. Les rdv sont toujours les mêmes, en boucle mortifère qui ne laisse plus de place au vide.

La notion de répétition est essentielle en psychanalyse et relève de la pulsion de mort. L addiction permet de compenser par l extérieur le manque interne. La réalisation hallucinatoire d un désir permet ainsi de régler l échec. Ceci vaut pour toute les addictions. Mais finalement qu est ce que l addiction? Névrose à part entière ou symptôme? En fonction de la place de l autre, on peut situer la pathologie comme relevant de la névrose, la psychose ou la perversion. L addiction est possible dans les trois structures psychiques. Elle comble en tous cas un vide. Le choix de l objet ( le travail, le sport, le sexe, la bouteille, la drogue etc) est important. S agit il de se détruire? Le choix de l illicite permet d évoquer le rapport à la loi et aux règles. S agit il de se remplir? Par la nourriture, les achats? S agit il de se rassurer sur son phallus? Le travail en est aussi un exemple. S agit il de décharger son corps? Le sexe et le sport sont des choix alors possibles. Avec le sexuel, on ne peut pas séparer le corps de l esprit et par l ajout du fantasme il n y a pas que la décharge corporelle en question. Dans le sexuel, il y a aussi la place donnée à l autre. Que cherche t on dans le sexe? La décharge physique? L amour? Le lien? Le fantasme? Le plaisir? Est t on centré sur soi et/ou sur l’autre? Ce n est pas là la même chose. La centration sur soi avec la masturbation va exclure l autre et la possibilité de danger venant de la part du désir de l autre.

Tout devient question de contrôle et de maîtrise. Le plaisir est il centré sur la jouissance? Lacan disait que le rapport sexuel n existe pas, chacun des partenaires étant dans son propre fantasme. S agit il de castrer et de dominer? Soumettre? Le sexuel est le lieu du fantasme, du jeu. Un espace intermédiaire entre l imaginaire, le symbolique et la réalité. Parfois les limites imaginaire et réalité débordent. S agit il de se rassurer sur son phallus et son narcissisme? Opter pour la performance est un exemple. Quelle que soit la raison, la dépendance au sexe va relever d une dépendance affective incontournable. En général et au minimum il faut être deux dans les rapports sexuels et le choix du partenaire ne se fait pas non plus par hasard. Qu'est ce qui se (re)joue? Il faut envisager également l ouverture au champ de la perversion. Comme dans toutes les addictions, le cadre et les limites vont poser problème. C est ce que nous pouvons observer avec le cyber sexe, le sexe payant, la masturbation compulsive. Ou est la limite? Très floue puisqu on parlera de Moi passoire. La perversion est aussi à noter dans le fétichisme ou le voyeurisme lesquels vont utiliser la pulsion scopique. Il y a également des comobidites avec l usage de drogues et l abus de psychotropes possible. Il se pose aussi la question du désir dans la dépendance au sexe. Désir de quel partenaire?

L autre sera l objet partiel lié à la pulsion (cet objet d amour visé par la pulsion sera les seins par exemple dans le sexuel comme la nourriture le sera dans le trouble alimentaire). C est le vide et la solitude. C est aussi la peur d aimer et de perdre, la peur de s attacher et de se faire engloutir. Entre plaisir et manque, la question de la jouissance est liée à une certaine part de souffrance.

L addiction au sexe peut entraîner de grands dommages sur la santé mentale et corporelle ainsi que dans le couple. De nombreuses demandes de thérapies de couple sont consécutives à des tromperies et à une fatigue du partenaire qui en a marre d être sollicité de trop. Ou situer sa limite entre le normal et le pathologique? Quand c’est trop, quand c est un besoin. Quand le reste du quotidien et l entourage sont mis de côté.

L addiction au sexe en psychothérapie n est pas vraiment une demande venant de la personne concernée mais plutôt du partenaire. Ou alors c est la culpabilité d avoir été pris sur le fait qui déclenche la demande de consultation. Alors jouir oui mais alors en toute liberté.

Ce n’est pas la même chose que jouir pour se rassurer...

 

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Pulsion de vie

Mon attention est flottante, quelque chose d elle est différent depuis la dernière séance. J écoute. Une sorte de paix flotte dans le cabinet. Des questions et des doutes fusent mais c est doux. Elle voudrait qu il vienne danser avec elle mais hic il n aime pas danser. « Ça me manque de ne pas danser ». « Il n est donc pas parfait...? », « Non il n a pas tout... ». « Une relation faite de tout vous manquerait donc? ». « Non je l ai connu précédemment et c était de l emprise car il était ce tout.....Vous savez quoi? ». « Quoi donc? ». « Je vais maintenant danser avec la vie. Personne ne peut m empêcher de danser ces quelques pas de danse qui m appartiennent... alors je choisis de danser ma vie. Et puis il a d autres qualités que j aime ».

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